La cour d’assises du Bas-Rhin a examiné cette semaine une affaire d’une rare violence, marquée par le meurtre d’une femme de 55 ans à Gerstheim. Ce mardi 19 mai, le ministère public a requis une peine de 25 ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’accusé, un homme de 65 ans, jugé pour avoir tué son épouse, Li-Ling Chen, en mars 2024. Ce dossier, qui met en lumière la tragique mécanique des féminicides, soulève des questions sur la récidive, l’empathie et la gestion des crises conjugales.
L’accusé, Rémy Arbogast, fait face à des accusations lourdes pour des faits survenus au domicile familial. Selon les éléments présentés à l’audience, le drame a débuté par une dispute le 11 mars 2024, au cours de laquelle l’homme a utilisé un hachoir pour frapper son épouse avant de l’étrangler alors qu’elle tentait désespérément d’appeler les secours. Les réquisitions de l’avocate générale, Marion Desset, reflètent la gravité des faits, celle-ci ayant insisté sur une « absence d’empathie et de remord » persistante chez l’accusé, ainsi qu’une « psychorigidité » rendant, selon elle, toute évolution comportementale peu probable.
Le parquet a sollicité que cette peine de 25 ans soit assortie d’une période de sûreté des deux-tiers, une mesure visant à limiter les possibilités d’aménagement de peine. De son côté, la défense, représentée par Me Maxime Bordron, a plaidé pour une approche tenant compte de l’âge de son client et de sa conduite en détention, qu’il a qualifiée d’exemplaire.
Une chronologie marquée par la violence
Les débats ont permis de retracer les derniers instants de Li-Ling Chen, originaire de Taïwan. Le soir des faits, une altercation éclate dans la commune rurale de Gerstheim, au sud de Strasbourg. L’accusé a décrit devant la cour une situation de tension extrême, affirmant que son épouse, qu’il décrivait comme étant d’une « jalousie maladive », l’aurait agressé physiquement dans sa chambre. C’est dans ce contexte de conflit qu’il se saisit d’un hachoir, infligeant deux coups au visage de la victime.
La scène qui a suivi, captée par l’appel au SAMU, témoigne du caractère terrifiant de l’agression. Dans l’enregistrement diffusé lors de l’audience, on entend la victime, en proie à une peur panique, déclarer : « il y a du sang partout, il veut me tuer ». Alors qu’une opératrice médicale lui suggère de fuir chez un voisin, l’accusé décide de mettre fin à ses jours en lui faisant une clé de bras par derrière et en exerçant une pression fatale par asphyxie. Interrogé ultérieurement par les gendarmes, il aurait eu cette déclaration glaçante : « conscience du décès de son épouse, mais au moins, elle ne va plus m’embêter ».
La question du mobile et de la responsabilité
Au cours des audiences, la défense et les parties civiles se sont opposées sur la lecture des motivations de l’accusé. Ce dernier a tenté de justifier son passage à l’acte en se présentant comme une victime de « persécutions » liées aux accusations d’adultère portées par son épouse. Une posture que Mélissa Yesilgul-Sayar, avocate des amies de Li-Ling Chen, a immédiatement dénoncée comme étant « typique » des mécanismes de déni observés dans les féminicides, où l’auteur tente de déplacer la responsabilité de ses actes sur la victime.
Si l’accusé a dans un premier temps maintenu une position ambiguë, déclarant : « Je ne peux pas dire qu’elle n’y est pour rien, mais je prends tout sur moi », il a fini par reconnaître sa culpabilité à 100 %, qualifiant son geste d’« impardonnable et injustifiable ». Ce changement de posture n’a toutefois pas convaincu le ministère public de la sincérité du remords, pointant du doigt une absence de remise en question profonde.
Un contexte familial dégradé
Le portrait brossé par les témoins, incluant des proches et la fille du couple, née en 2002, fait état d’une relation conjugale profondément toxique. La fille a décrit un « couple très malheureux », soulignant la toughé de ses propres interactions avec sa mère, qu’elle a qualifiée d’« imbuvable dans le cercle familial ». Ces témoignages illustrent la complexité de la dynamique de ce foyer, sans pour autant atténuer la responsabilité pénale du crime commis.

| Étape | Détail clé |
|---|---|
| Date des faits | 11 mars 2024 |
| Lieu | Gerstheim, Bas-Rhin |
| Réquisitions | 25 ans de réclusion criminelle |
| Âge de l’accusé | 65 ans |
Vers un verdict attendu
Le procès, qui se tient devant la cour d’assises de Strasbourg, touche désormais à sa fin. La question de la peine de sûreté sera l’un des points centraux sur lesquels les jurés devront se prononcer, en pesant l’équilibre entre la sévérité requise pour un crime d’une telle violence et les arguments de la défense liés à l’âge et au comportement du mis en cause. La décision finale de la cour marquera une étape importante pour les proches de Li-Ling Chen, qui attendent que justice soit rendue pour cette tragédie.

Pour toute personne confrontée à des situations de violence conjugale, des dispositifs d’écoute et d’accompagnement sont disponibles. En France, le numéro 3919 (Violences Femmes Info) permet d’obtenir une aide anonyme et gratuite. Il est également possible de consulter le site officiel Service-Public.fr pour connaître les démarches légales et les structures de soutien locales.
Les prochaines étapes judiciaires, incluant le verdict final, seront communiquées par les autorités judiciaires compétentes dès leur prononcé. N’hésitez pas à partager cet article pour sensibiliser sur les enjeux de la lutte contre les violences intrafamiliales.
