Paris, France — À partir de cette année, les fautes d’orthographe et les erreurs de syntaxe seront sanctionnées avec plus de sévérité dans les épreuves du brevet et du baccalauréat. Une directive récente du ministère de l’Éducation nationale, portée par Édouard Geffray, ministre depuis octobre 2025, vise à renforcer la qualité rédactionnelle des élèves dans toutes les disciplines. Une décision qui suscite autant d’adhésion que de réserves, entre ceux qui y voient une nécessité pédagogique et ceux qui craignent ses effets sur les résultats des élèves.
Jusqu’ici, l’orthographe était évaluée de manière ciblée, notamment lors de dictées ou d’exercices spécifiques. Désormais, selon les consignes officielles, les enseignants sont invités à intégrer systématiquement la maîtrise de la langue dans l’évaluation des copies, qu’il s’agisse de français, de sciences ou d’histoire-géographie. Une évolution qui marque un tournant dans la politique éducative française, où la rédaction et l’expression écrite prennent une place centrale.
Pour Léo Dekovsky, professeur de lettres dans un collège de région parisienne, cette nouvelle approche nécessite une adaptation des pratiques. « On nous demande de valoriser ce qui a été fait par rapport au sujet, mais l’orthographe ne doit plus être négligée », explique-t-il. « Jusqu’à présent, nous l’évaluions lors de dictées ou d’exercices dédiés. Aujourd’hui, il faut l’intégrer dans toutes les productions écrites. » Une consigne qui, selon lui, demande une vigilance accrue de la part des enseignants, mais aussi des élèves.
Une mesure qui divise
Les réactions des élèves sont mitigées. Pour certains, cette exigence supplémentaire est perçue comme une opportunité. « En soi, c’est une bonne chose, affirme un collégien de troisième. C’est important de savoir écrire. » D’autres, comme Anouk, 16 ans, qui prépare le bac de français, expriment une inquiétude plus marquée. « Avec 14 de moyenne, je suis une bonne élève, mais je fais encore des fautes d’accords, des erreurs de pluriels ou des oublis classiques. Cela va nous stresser davantage et nous obliger à fournir un effort supplémentaire pour nous relire », confie-t-elle.
Cécile Chabaud, professeure de lettres et autrice de Prof ! Cours et miracles, publié en 2026, estime que cette mesure arrive trop tard. « On leur a fait passer le message pendant des années que l’orthographe n’était pas si importante, souligne-t-elle. On ne change pas les règles du jeu en plein milieu du jeu. Si on veut vraiment s’emparer de cette question, il va falloir donner les moyens à l’élémentaire, remettre le français au cœur des apprentissages. » Selon elle, une augmentation des heures de français et un renforcement des enseignements dès le primaire seraient indispensables pour accompagner cette réforme.
Le point de vue du ministère
Le ministre Édouard Geffray insiste sur la nécessité de cette réforme. Dans une interview récente, il a souligné que « toutes les disciplines doivent considérer la syntaxe et l’orthographe dès les épreuves du brevet et du baccalauréat ». Pour lui, il s’agit d’une question d’exigence et d’équité : « Les élèves doivent maîtriser les fondamentaux de la langue pour réussir dans leurs études et leur vie professionnelle. » Cette vision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à relever le niveau général des épreuves, avec notamment la création annoncée d’un concours général des collèges pour 2027.

Quels impacts pour les élèves ?
Les conséquences de cette nouvelle directive restent à évaluer. Les élèves interrogés dans les établissements de région parisienne semblent globalement compréhensifs, même si certains avouent craindre un surcroît de pression. « Je pense que je vais travailler encore plus parce qu’il n’y a pas de surprise, c’est le travail qui paie », déclare un autre collégien.
Pour les enseignants, la tâche s’annonce complexe. Beaucoup soulignent le besoin de formation et de moyens supplémentaires pour mettre en œuvre cette réforme sans pénaliser les élèves les plus fragiles. « Il faut accompagner cette exigence par des outils adaptés, notamment pour ceux qui ont accumulé des lacunes », note un professeur.
Prochaines étapes
La réforme entre en vigueur dès cette année pour les épreuves du brevet et du baccalauréat. Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé qu’il publiera, d’ici la fin de l’année scolaire, un guide méthodologique pour les enseignants afin de préciser les modalités d’évaluation. Une consultation des corps enseignants et des associations de parents d’élèves est également prévue pour ajuster les consignes.
Pour suivre l’évolution de cette réforme et obtenir les dernières informations officielles, consultez le site du ministère de l’Éducation nationale ici.
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