Iran-Israel Conflict: Will Oil Prices Surge Amidst Strait of Hormuz Threat?

by Ahmed Ibrahim World Editor

L’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et la guerre de douze jours entre Israël et l’Iran, l’an dernier, ont prouvé que le marché du pétrole, le moteur de l’économie mondiale, est plus résilient qu’il ne l’était. Saura-t-il cependant s’adapter au nouvel embrasement provoqué par le bombardement de l’Iran par Israël et les États-Unis? Voici quelques clés pour comprendre.

À lui seul, l’Iran est responsable de 3 % de la production mondiale de pétrole, mais, grâce à son emplacement géographique stratégique, il a le pouvoir d’influencer grandement le marché de l’or noir.

Au sud du pays se trouve le détroit d’Ormuz, un couloir maritime étroit qui relie le golfe Persique à l’océan Indien. C’est par là que doit passer environ 20 % de la production mondiale de pétrole, en provenance de l’Irak, du Koweït, de l’Arabie saoudite ou des Émirats arabes unis pour se rendre au reste du monde.

En représailles aux menaces et aux attaques israélo-américaines, l’Iran menace de couper le robinet, en bloquant le passage ou en attaquant les navires qui s’y aventurent.

Ce serait le scénario le plus toxique jamais envisagé dans le secteur pétrolier, estime le chercheur en énergie au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, Yvan Cliche.

Si on envisage véritablement de stopper le flot physique de 20 millions de barils de pétrole par jour, on peut s’attendre à une flambée assez importante des prix, a-t-il expliqué en entrevue à Radio-Canada.

Une image satellite montre d’importants dégâts au complexe du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, suite aux frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, à Téhéran, le 28 février 2026.

Photo : Reuters / Pleiades Neo (c) Airbus DS 2026

Pour l’heure, il n’est pas clair si l’Iran a déjà choisi de jouer cette carte, l’une des plus puissantes de son jeu.

Dans les heures qui ont suivi l’attaque israélo-américaine et les frappes de représailles iraniennes, l’agence Reuters a rapporté que les navires dans la région avaient reçu un message des Gardiens de la révolution islamique leur interdisant de passer dans le détroit d’Ormuz, citant une source de l’Union européenne.

Mais, selon le site VesselFinder et l’outil de suivi des navires de S&P Global, des pétroliers et des porte-conteneurs continuaient de circuler dans le détroit samedi après-midi.

Affaibli par la guerre avec Israël en juin, par les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux et par la mort de son guide suprême Ali Khamenei dans les frappes, l’Iran est en mode survie, selon M. Cliche.

Ils vont probablement vouloir faire le plus de dégâts possible. Ils veulent essayer de faire des dommages à l’économie internationale, car c’est ça leur levier et c’est ce qui peut assurer la survie du régime.

En bloquant le détroit d’Ormuz, l’Iran se ferait aussi du mal à lui-même, rappelle cependant l’économiste et professeur à l’Université d’Ottawa, Jean-Thomas Bernard.

L’Iran est un grand producteur de pétrole, mais c’est un pays pauvre et il a besoin de l’argent du pétrole pour faire la guerre, explique-t-il.

Rappelons aussi que les États-Unis ont déployé sur place une importante flotte, depuis les années 1980, pour empêcher entre autres le blocage du détroit d’Ormuz

Des navires américains et français patrouillent le détroit d'Ormuz, le 25 novembre 2023.

Des navires américains et français patrouillent le détroit d’Ormuz. (Photo d’archives)

Photo : Reuters / Marine américaine

Un pic à l’ouverture des marchés?

À la fermeture des marchés, vendredi, le baril de pétrole Brent, la mesure étalon, valait 72,87 $US, le prix le plus élevé depuis l’été dernier.

Les yeux des économistes seront donc rivés sur le cours du pétrole, lundi, à l’ouverture des marchés. On va voir l’interprétation que le marché donne de cette situation-là, lance M. Bernard, ajoutant qu’il est difficile d’en faire une prévision.

En juin dernier, quand Israël et l’Iran se sont bombardés pendant 12 jours, le prix du baril de pétrole s’est envolé momentanément, mais est revenu à son niveau précédent rapidement après le cessez-le-feu. À ce moment, l’Iran n’avait pas bloqué le détroit d’Ormuz et sa menace n’avait pas été suffisante pour provoquer une augmentation nette du prix de l’or noir.

Un pétrolier passe dans le détroit d'Ormuz, le 20 décembre 2018.

Près de 20 % de la production mondiale de pétrole passe par le détroit d’Ormuz. (Photo d’archives)

Photo : Reuters / Hamad I Mohammed

Le marché mondial est rendu intégré et très fluide, beaucoup plus que lors des deux crises pétrolières de 1973 et 1979, explique M. Bernard, qui donne en exemple l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Au début de cette guerre, en 2022, le prix du baril de pétrole avoisinait les 100 $US, faisant ainsi monter le prix du litre d’essence ordinaire à près de 2 $CA au Canada.

C’était une hausse très importante, mais, à la fin de l’année, le prix était déjà revenu à son prix initial, rappelle Jean-Thomas Bernard.

Le pétrole en provenance de Russie ne se rendait plus en Europe, mais il a trouvé son chemin en Asie, explique-t-il. Et en s’approvisionnant en Russie, l’Asie a donc libéré des barils de pétrole du Moyen-Orient.

Yvan Cliche ajoute qu’avec l’incertitude des dernières années, le marché pétrolier a déjà intégré cette dimension de risque dans les prix actuels.

Un impact rapide sur les prix?

Ayant tiré des leçons des précédentes crises, les pays ont, pour la plupart, tous des réserves de pétrole, advenant un bouleversement tel que le blocage du détroit d’Ormuz.

La durée de ce blocage pourrait être déterminante sur l’économie mondiale. S’il peut rester fermé deux ou trois mois, ou même plus, ce serait catastrophique, estime le professeur Jean-Thomas Bernard, précisant que peu de pays auraient la capacité d’augmenter rapidement leur production pour pallier le manque occasionné.

Si cela se produisait, les consommateurs verraient une différence assez rapidement sur les prix à la pompe et le coût de la vie en général, selon lui.

Encore aujourd’hui, le transport est presque entièrement dépendant de l’or noir. Dans le prix de tout ce qu’on consomme, on évalue que 10 à 15 % sont attribuables à la composante transport en moyenne, rappelle-t-il.

J’ai bien hâte de voir lundi comment le marché va réagir.

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